06 MONITOR PAR MICHELE BAZAN GIORDANO
ARCHITECTURES DU MYSTÈRE

Il existe des bâtiments, même
de grande valeur, qui ont toujours payé un lourd tribut : celui d’être
transformés, aux yeux du monde, en lieux « maudits ». Ce sont ces
édifices qui, à la suite d’événements tragiques et sanglants, sont devenus le
théâtre de meurtres plus ou moins brutaux ou de prétendues apparitions
fantomatiques. Et il en existe des centaines (principalement aux États-Unis).
Après tout, les États-Unis détiennent le record mondial des « objets
hantés », mais aussi celui des tueurs en série (plus de 3 500, un
chiffre probablement sous-estimé, supérieur à celui du reste du monde).

Simon Fieldhouse, The Dakota New York

En 1973, John Lennon et Yoko Ono s'y installèrent. Mais c'est Karloff, qui avait joué dans des films d'horreur comme le légendaire Frankenstein de Whale (1931) et La Momie de Freund (1932), qui créa l'atmosphère sinistre qui entourait le bâtiment, atmosphère qui devint encore plus sinistre à partir de 1968, année où Roman Polanski y tourna le troublant Rosemary's Baby. Des dizaines d'incidents dits « sombres » se produisirent sur le plateau et après le tournage : en 1969, l'épouse enceinte du réalisateur, Sharon Tate, fut tuée lors du massacre de Cielo Drive à Los Angeles ; Le compositeur de la bande originale du film, Krzysztof Komeda, un ami de Polański, est décédé peu après la fin du tournage dans des circonstances plus ou moins mystérieuses, et la vie du producteur William Castle a été rendue impossible par des fanatiques religieux qui l'ont accusé d'avoir « invoqué le diable » et transféré des énergies sombres sur Terre (sans oublier que l'actrice Mia Farrow a reçu, sur ce plateau, une demande de divorce de son mari de l'époque, Frank Sinatra). Et pour finir, en décembre 1980, alors que John Lennon quittait le Dakota, où il avait vécu pendant sept ans, il fut assassiné par Mark David Chapman. Tous les résidents avaient signalé, au fil des ans, des « présences obscures » dans l'immeuble. Pauvre architecte Hardenbergh, ignorant tout du sort qui allait être réservé à sa « création démoniaque ». Michele Bazan Giordano
